Je me rapelle plus de son prénom. Elle restait en face de chez Pierre-Yves et je pense qu'elle avait un frère retardé. Un soir, elle et son amie débarquent chez-nous. Une soirée tranquille, à 17 ans, où tout ce que tu as à faire c'est traîner dans ta banlieue platte avec des gens qui veulent en sortir autant que toi.
Elle et son amie orchestraient clairement quelque chose. Elles se parlaient dans l'oreille en murmurant. Son amie a quittévers chez elle comme ça hors de nul part en me laissant seul avec Pineault.
Pineault avait bel et bien un plan: m'avouer son béguin pour moi. On s'entends que j'avais jamais vraiment voulu sortir avec Pineault. Elle était bien belle mais elle parlait semi comme un tracteur.
En la reconduisant jusqu'à son arrêt de bus je lui expliquait comment j'avais pas la tête à sortir avec une fille, que j'avais d'autres priorités et tout ça. On s'est assis sur la chaîne de trottoir et elle s'est mise à me frencher solide.
Le lendemain je l'appelle pour en discuter, elle revient chez-moi. Pas le temps de jaser, on se remet à maker out. Les pelures commençaient à partir. Ses osties d'épingles à cheveux étaient rendues partout dans mon lit. J'étais rendu bien loin du gars qui voulait pas de Pineault.
J'ai enfin eu la chance de resaisir mes esprits quand elle a dû s'excuser aux toilettes. En revenant, elle a trouvé un autre homme dans ma chambre. Je lui ai proposé un bon spaghetti - avec la sauce de matante Gabrielle que j'ai lassé cuire un petit peu trop longtemps parce que c'est meilleur comme ça - à l'étage. Devant ce plât de pâtes et de dure réalité, j'ai pu retrouver les mots. Des mots justes mais DÉVASTATEURS. Elle est partie et je ne lui plus jamais parlé. Tout ce qui me restait d'elle étaient les épingles qui ne finissaient plus d'être découvertes dans et autour de mon lit.
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